Ma Blonde-Paris

31 août 2014

Le moral d'un ménage

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 Vous ne serez pas prêts d'oublier Bénédicte Ombredanne, l'héroïne de L'amour et les forêts (un titre magnifique et qui pourrait définir à lui seul le romantisme!). J'ai lu ce roman cet été et la destinée de cette femme est souvent revenue à mon esprit. Reinhardt, que j'ai découvert avec Le moral des ménages au début des années 2000, a consacré son oeuvre jusqu'à présent sur ce que subit un individu dans nos sociétés capitalistes, dans les entreprises, le monde du travail: l'aliénation, la soumission, la trahison à son désir d'être, le renoncement d'être soi... Ici, il laisse le monde de l'entreprise pour disséquer la vie  d'une femme malheureuse dans son foyer. Le moral d'un ménage au plus bas entre une femme qui avait un désir de sublimation comme elle peut en lire dans ses romans favoris (elle est prof de français, passionnée de littérature) et la réalité de son quotidien avec son mari "pervers-narcissique" et la maternité qui ne la comble pas. Bénédicte Ombredanne va écrire à Eric Reinhardt pour lui témoigner son admiration et comment Cendrillon, un de ses romans, l'a enchanté. Ils se rencontrent. Elle lui raconte sa vie. Il nous la raconte. Une héroïne baffouée mais qui va vivre une passion fulgurante. Une Emma Bovary du nouveau millénaire. Bénédicte est devenue une héroïne de roman. L'épilogue est sublime. Vous ne regarderez plus une boule de gui dans un arbre lors d'une promenade en forêt comme avant. 

L'amour et les forêts d'Eric Reinhardt, éditions Gallimard.

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16 août 2014

Lectures d'été

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Nullipare, très beau récit d'une femme qui n'a pas eu, pas pu avoir d'enfant, un sujet rare. Tenter de donner un sens.

(Jane Sautière, Verticales)

 

Love song, complètement oubliable, aucun intérêt.

(Philippe Djian, Gallimard)

Ethan Frome de cette très chère Edith Wharton, magnifique protrait d'un homme prisonnier de sa condition sociale dans l'Amérique du siècle dernier. Où la Nature révèle les états d'âme du héros. Sublime!

(Edith Wharton, P.O.L.)

Désordre, un roman hyper calibré où l'on sent trop l'atelier d'écriture, des longueurs et une fin "vite fait bien fait j't'embrouille", pas très crédible.

(Penny Hancock, Sonatine)

Les pas perdus de Gilles Jacob, à la manière de Perec cet homme au métier de rêve se souvient de leiux communs et de rencontres extraordinaires, j'adore l'écouter cet été sur Inter le week-end dans Citizen Cannes, je n'ai pas été déçue par les souvenirs de ce vieille homme si jeune! 

(Gilles Jacob, Flammarion)

à suivre...

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31 juillet 2014

Histoire de construction

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La construction d'un pont, la construction d'un roman. Je suis vraiment admirative du talent d'écriture et de narration de Maylis de Kerangal. Mettre en place la galerie de personnages, prendre en compte le décor, la géographie, le climat, les tensions politiques, économiques, écologiques. La grande Histoire et les histoires des personnages. Où comment l'édification d'un pont va provoquer un effet papillon sur des femmes, des hommes, un fleuve, la vie. Tout est lié, chacun se relaie. J'ai vraiment aimé cette naissance de béton et ce monument littéraire.

 

Naissance d'un pont de Maylis de Kerangal, Folio.

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28 juillet 2014

Fin juillet

veste

jambes

cueillette

limonade

Avant que les vacances n'arrivent, profiter des week-end pour préparer de la limonade avec les quelques gouttes de fleur d'oranger qui font toute la différence, étendre le linge dehors en espérant que l'orage n'éclatera pas, repeindre la petite chaise en jaune et voir que son propriétaire s'est repeint les jambes^^, aller cueillir les légumes, prendre l'apéritif dehors, déjeuner dans le jardin et puis rentrer avant le dessert à cause d'une averse, éteindre la radio et la rallumer pour Citizen Cannes, envie d'envoyer en l'air le spécial sexe (???) des Inrocks avec cette fille qui au lieu de se maquiller la foufoune, devrait plutôt manger du gratin dauphinois...pourquoi le sexe se réduit-il au porno pour ce magazine? Plonger dans les livres réservés à l'été, sa torpeur, son temps dilué. Mais ce matin, il fallait remettre sa veste, faire le chemin en sens inverse et retrouver le bureau... Allez encore 5 jours et ce sera le temps des vacances!

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16 juillet 2014

Paris, Texas

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Travis, Jane et Hunter. Le carré blond de Jane. Son pull angora rouge. La casquette rouge de Travis. La blondeur de Travis. Les grands espaces de l'Amérique. Les grands espaces du couple. La guitare de Ry Cooder. Ma mère qui revient bouleversée par ce film de Wenders. Palme d'or à Cannes. 1984. Ma mère qui parle très souvent de ce film lors des dîners, des déjeuners, j'ai 9 ans. Je n'ai pas encore vu le film. Il faudra attendre les années 90 pour le découvrir, pour comprendre pourquoi ma mère était bouleversée. Je le suis à mon tour. Ces paysages minérals, ces ocres, Dallas et ses tours, une vitre de peep-show, une caravane, un couple, une famille qui s'en mêle, un enfant au milieu de tout ça. Ces routes interminables, ces cheminements, ces constats. Cette guitare. Ce mutisme. Cet amour. La beauté d'un couple, celui d'un homme et d'une femme. L'arrivée de l'enfant, Hunter (le chasseur!), la parentalité qui sidère, qui siphonne, qui rassemble à perpétuité. J'ai bien envie de le voir au cinéma comme ma mère, il y a 30 ans à Paris (France).

Paris, Texas de Wim Wenders avec Nastassja Kinski, Harry Dean Stanton...

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02 juillet 2014

Pour te voir, 5mn encore

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Hier soir, on était en 1986. Etienne Daho rechantait son album Pop Satori. Etienne est de retour. Il revient de loin. Mais ses pas de danse, son déhanché, sa voix, son émotion étaient bien loin. Il a attendu ce moment nous a-t-il dit. Nous aussi. Comme si le temps n'avait pas de prise sur les mélodies et les souvenirs. Pour le voir 5 mn encore!

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26 juin 2014

Les années 90

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Comme le dit François Cusset dans l'article des Inrocks, les années ont commencé et se sont terminées par un affaissement: celui du mur de Berlin et ceux des Twins à New York. Est-ce.que je regrette cette décennie? Est-ce que je regrette mes 18 ans, mes 20 ans et finalement mes 25 ans? Ma jeunesse? Celle qui a évolué aux sons de Nirvana, Rage againt the machine, les Pixies, les Breeders, NTM, Assassins. C'est la décennie où j'ai été bouleversée par Lost Highway de David Lynch et la lecture d'Eureka Street de Robert McLiam Wilson. Je regrette la télé sans téléréalité mais je ne regrette pas les terreurs liées au SIDA. Je ne regrette pas certaines soirées mais je regrette certaines journées...et inversement! Je regrette de ne plus voir certains mais vraiment pas d'autres. Je regrette des moments magiques mais je ne regrette pas d'avoir un paquet de souvenirs. Je regrette certaines premières fois et je ne regrette pas certaines dernières fois. Je ne regrette pas d'avoir vu Les nuits fauves, kids, Comment je me suis disputé..., je ne regrette pas d'avoir ouvert un livre au format poche intitulé Extension du domaine de la lutte, je ne regrette pas d'avoir entendu la rumeur de Paris quand Zidane et Petit ont mis trois buts un soir de juillet au Stade de France, je ne regrette pas de ne jamais avoir pu choisir entre Blur et Oasis même si Blur a finalement emporté le match, je ne regrette pas d'avoir vu ma mère émue en sortant du ciné après In the mood for love, je ne regrette pas de ne pas avoir manqué de monter en haut du World Trade Center en 96, je ne regrette pas d'avoir vécu ce que je devais vivre à 20 ans. Ces 20 ans qui ont construit mes presque 40!

 

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22 juin 2014

Summer in the city!

 

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Quatre jours à Londres sous le soleil pour fêter l'été! Admirer les caméléons au zoo,  aller faire un tour chez Hamley's où Melvil a salué la famille royale en Lego! Faire une réserve de coupons de Liberty et aller chez Liberty où au rayon déco tout me plaît, mais vraiment TOUT! Le Brun a fini par craquer sur les carreaux de Rory Dobner! Sillonner la ville en bus et monter à l'étage pour le plus grand bonheur de Melvil! Retrouver les copains et préparer la fête de l'été! Allez du côté de Shoreditch et retourner à Columbia Road où les magasins que j'aimais bien ont disparu! Avoir un coup de chaud à Notting Hill et siroter une divine limonade. Être toujours fascinée par les looks divers et variés des londoniens (ça manque ici!) et demander à l'agent punk du métro si je peux le photographier lui et sa coupe iroquoise... of course et il me sort son charmant smile, avouez que c'est ça le "This is England!"!!! 

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11 juin 2014

Bleu et jaune citron

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04 juin 2014

Des visages, des figures...

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Comme une faille spatio-temporelle! Alors que je viens de fêter mes 39 ans, lundi soir avec Céleste j'avais 19 ans. Bertrand Cantat avec son groupe Détroit à La Cigale... des visages, des figures, des lieux, des odeurs, des émotions me reviennent. Je serai toujours sidérée par l'impact que la musique provoque en moi. Cantat, charisme intact, quelque part entre Morrison et Ferré. Ses paroles, ses mots sont chargés. Cantat portera toujours maintenant le fardeau d'être Cantat, un jour d'août 2003 à Vilnius. Il enchaîne les tubes de Noir Désir (Tostaky, Lolita nie en bloc, Le vent l'emportera...) et les titres de Détroit avec des musiciens impeccables. Difficile d'exprimer l'atmosphère de ce concert mémorable. Cette musique fait tellement partie de ma vie. 

Et je vous propose de lire ce papier de Luc Le Vaillant 

Et puis hier soir, avec mon Brun, j'avais 29 ans, cinquième ou sixième concert d'Arcade Fire... je ne sais plus trop. Plaisir intact. Des miroirs, des musiciens déchaînés, une ferveur incroyable. L'album Funeral sera définitivement un des albums de ma trentaine! Ils ont chanté tubes sur tubes et on a même eu la visite des Daft Punk pour une version originale de Get lucky! Le Zénith debout, des visages, des figures en sueur, le sourire aux lèvres, les bras en l'air. Rock never dies!

Posté par anC75 à 09:05 - - Commentaires [26] - Permalien [#]



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